CHAPITRE 2 : Examen psychiatrique

L'examen psychiatrique repose sur l'entretien clinique structuré autour de 4 piliers :


1.     Anamnèse : motif de consultation, histoire de la maladie, antécédents personnels et familiaux (psychiatriques, somatiques, addictologiques), biographie (développement, scolarité, vie affective, professionnelle).


2.     Examen de l'état mental (EEM) — c'est le cœur de la sémiologie, à connaître par cœur dans cet ordre :
o    Présentation générale, contact, comportement
o    Conscience et vigilance
o    Orientation temporo-spatiale
o    Fonctions cognitives (attention, mémoire, jugement)
o    Discours et langage
o    Cours et contenu de la pensée
o    Perceptions
o    Thymie (humeur) et affects
o    Conation (volonté, psychomotricité)
o    Risque suicidaire et dangerosité
o    Insight (conscience du trouble) et critique
3.     Examen somatique (éliminer une cause organique — obligatoire devant tout trouble psychiatrique aigu).
4.     Synthèse syndromique puis diagnostique (CIM-11 en France).
Point clé EVC : les jurys attendent une observation clinique rédigée avec le vocabulary sémiologique exact, pas de description en langage courant. Chaque terme a une définition précise à restituer.


·         Apparence et Attitude : Tenue vestimentaire, hygiène, coopération, niveau d'alerte.
·          
·         Contact : Qualité de la relation avec l'examinateur (froid, labile, méfiant, fuyant).
·          
·         Risque suicidaire vs hétéro-agressif : Évaluation systématique et explicite de la dangerosité pour soi et pour autrui dès le premier entretien.
·          
·         PIÈGE / ZÉRO : Omettre l’évaluation du risque suicidaire ou hétéro-agressif lors de l'évaluation initiale constitue une faute grave en responsabilité médicale.
·         Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : L'évaluation du risque suicidaire doit être formalisée et documentée dans le dossier médical.

 

 

 

 

Méthode de rédaction d'une observation psychiatrique (type EVC)

 

Structure attendue dans une copie ou un cas clinique :

1.     Identité, contexte, motif d'admission

2.     Antécédents (psychiatriques, somatiques, addictologiques, familiaux)

3.     Histoire de la maladie actuelle

4.     Examen de l'état mental (suivre scrupuleusement l'ordre du §1)

5.     Examen somatique et examens complémentaires à demander

6.     Synthèse syndromique (nommer le/les syndrome(s) présents avec les termes exacts)

7.     Diagnostic(s) différentiel(s) organiques à éliminer systématiquement

8.     Conclusion diagnostique (CIM-11)

9.     Conduite à tenir (modalités d'hospitalisation, prise en charge)

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 4 : Conscience


• Obnubilation : Baisse légère de la vigilance, ralentissement de la pensée et des réponses.
• Confusion mentale (ou Syndrome confusionnel) : Perturbation globale de l'attention et de la cognition, fluctuante dans la journée, souvent associée à une désorientation temporo-spatiale.
•
• Stupeur : Suspension quasi-totale de l'activité motrice et psychique, avec conservation de la vigilance (yeux ouverts).
•
• Coma : Perte de conscience totale, non réactive aux stimuli.
•
• PIÈGE / ZÉRO : Toute confusion mentale chez l'adulte est une urgence médicale (organique) jusqu'à preuve du contraire (états infectieux, métaboliques ou toxiques).
• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : Bilan somatique d'urgence (biologie, imagerie) devant tout trouble de la conscience pour éliminer une cause organique.

 


CHAPITRE 5 : Vigilance


• Hypervigilance : État d'alerte et d'attention exacerbé, souvent anxieux ou lié à une intoxication.
• Hypovigilance : Baisse du niveau d'éveil (somnolence diurne).
• Fluctuations de vigilance : Caractéristique clé des encéphalopathies ou des démences à corps de Lewy.

 

-Dissociation =

-Dépersonnalisation =

-Déréalisation =


• PIÈGE / ZÉRO : Ne pas banaliser des fluctuations de vigilance ; elles témoignent souvent d'une atteinte organique sous-jacente ou d'un syndrome confusionnel.

 

 

Terme Définition :


-Conscience claire = Capacité normale de perception de soi et de l'environnement
-Obnubilation = Baisse discrète de la vigilance, ralentissement idéatoire
-Confusion mentale = Trouble global et aigu des fonctions cognitives
-Stupeur = Immobilité quasi complète, mutisme, contact difficile mais patient éveillé
-Coma = Abolition de la conscience et de la vigilance
-Dissociation = Rupture de l'unité psychique (dépersonnalisation, déréalisation) — à ne pas confondre avec la discordance schizophrénique


• Dépersonnalisation = sentiment d'étrangeté vis-à-vis de soi-même, de son corps.
• Déréalisation = sentiment d'étrangeté du monde extérieur, impression d'irréalité.

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 6 : Orientation


• Orientation temporo-spatiale : Capacité du patient à se situer correctement dans le temps (heure, jour, date, année) et dans l'espace (lieu, ville, étage).

• Désorientation : Perte de repères temporels (souvent le premier atteint) puis spatiaux, voire allo-psychique (perte d'identité).

 
• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : L'évaluation de l'orientation doit être systématique dans l'examen de base (à l'aide de tests standardisés comme le MMSE).

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 7 : Attention


• Attention sélective : Capacité à focaliser son attention sur un stimulus pertinent en inhibant les distractions.

• Attention soutenue : Capacité à maintenir son attention et sa vigilance sur une longue durée (vigilance continue).

• Attention divisée : Capacité à traiter plusieurs sources d'informations ou à effectuer plusieurs tâches simultanément.

• PIÈGE / ZÉRO : Ne pas confondre une baisse de l'attention soutenue avec une simple fatigue ; une altération de l'attention est le pivot de nombreux troubles cognitifs et psychiatriques (TDAH, schizophrénie).

• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : L'évaluation des différentes composantes de l'attention est indispensable pour différencier un trouble psychiatrique d'une atteinte neurologique.



 

 

 

 

 

CHAPITRE 8 : Troubles attentionnels


• Distractibilité : Incapacité à maintenir l'attention en raison d'une sensibilité excessive aux stimuli extérieurs.
•
• Hyperprosexie : Focalisation exclusive et excessive de l'attention sur un objet ou une idée unique (souvent en lien avec une idée délirante ou une préoccupation obsessionnelle).
•
• Hypoprosexie : Diminution de la capacité de concentration et de l'attention.
•
• Aprosexie : Impossibilité totale de fixer l'attention (rencontrée dans les états déficitaires sévères ou la stupeur).

 

 

 

 

 

CHAPITRE 9 : Mémoire normale


• Mémoire immédiate (ou sensorielle) : Rétention d'informations sur quelques secondes (empan mnésique).
• Mémoire récente (ou de travail / court terme) : Rétention d'informations sur quelques minutes à quelques heures. Permet le traitement actif des données.

• Mémoire ancienne (ou long terme) : Stockage des informations sur de longues périodes (souvenirs autobiographiques, connaissances sémantiques).


• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : L'évaluation mnésique doit explorer distinctement l'encodage, le stockage et la récupération.

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 10 : Troubles mnésiques


• Amnésie antérograde : Incapacité à fixer de nouveaux souvenirs à partir de l'événement causal (trouble de l'encodage/stockage).

• Amnésie rétrograde : Perte des souvenirs anciens, constitués avant l'événement causal ou le début de la maladie.

• Lacunes mnésiques : Trous de mémoire délimités dans le temps, typiques d'une alcoolisation aiguë (black-out) ou d'une crise comitiale.

• Hypermnésie : Exaltation de la mémoire, rappel facilité et envahissant de souvenirs (états maniaques, stress post-traumatique).

• Paramnésies : Faux souvenirs ou illusions de mémoire (ex. : phénomène de déjà-vu, fausse reconnaissance).

• PIÈGE / ZÉRO : L'amnésie antérograde isolée est le signe cardinal du syndrome amnésique (ex. : syndrome de Korsakoff). Ne pas la confondre avec un oubli banal.

• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : Toute amnésie antérograde chez un sujet jeune doit faire rechercher une étiologie iatrogène, toxique ou neurologique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 11 = Perception normale


• Sensation = Processus physiologique brut de détection des stimuli par les organes des sens (récepteurs sensoriels).
•
• Perception = Processus psychologique d'intégration, d'interprétation et de reconnaissance de la sensation par le cerveau, lui donnant un sens et une signification.

• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie :

Il est fondamental d'interroger le patient sur l'intégrité de ses organes sensoriels (vue, audition) avant de qualifier un trouble de la perception d'origine psychiatrique.
 



-Illusions = Déformation d'une perception réelle existante (ex : voir un visage dans les motifs d'un rideau).
-Hallucinations — à bien différencier


Type                                                       Définition                         Exemple clinique
 

-Hallucination psychosensorielle (vraie) = Perception sans objet, vécue comme venant du monde extérieur, avec conviction et non critiquée  = Voix venant du plafond

-Hallucination intrapsychique (psychique) = Perception interne, sans caractère sensoriel, sans spatialisation externe = Voix "dans la tête", pensées imposées

-Hallucination cénesthésique =  Trouble de la sensibilité interne du corps =  Sensation d'organes transformés

-Hallucination auditive = La plus fréquente en psychiatrie (schizophrénie) = Voix commentant les actes, injonctives =
Voix commentantes : Hallucinations auditives où des voix commentent en direct les actes ou les pensées du patient (très évocatrices de schizophrénie).   

·         Voix dialoguées : Voix multiples qui parlent entre elles de ou à propos du patient.

·  Voix impératives : Voix qui donnent des ordres directs, obligeant le patient à agir (urgence psychiatrique absolue).



-Hallucination visuelle = Évoque davantage une cause organique/toxique (delirium tremens, confusion)

-Hallucination cénesthésique / olfactive / gustative = Plus rares, à explorer si présentes =

· Perception sans objet de formes/lumières, d'odeurs ou de goûts. Les hallucinations olfactives/gustatives isolées doivent faire rechercher une lésion neurologique (ex. : crise d'épilepsie temporale).



Hallucinose = Hallucination critiquée par le patient (il sait que ce n'est pas réel) — souvent organique (ex : hallucinose pédonculaire)

 

·  PIÈGE / ZÉRO : Des hallucinations auditives isolées ne suffisent pas à poser un diagnostic de schizophrénie (possibilité de troubles thymiques avec caractéristiques psychotiques). Des voix impératives constituent un risque majeur de passage à l'acte hétéro- ou auto-agressif.

 

 

· Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : Toute hallucination (surtout non auditive) impose d'éliminer une cause neurologique (IRM cérébrale, EEG) ou toxique. Une évaluation du risque lié aux voix impératives est obligatoire.

 

 

 

 

Automatisme mental (syndrome de Kandinsky-Clérambault) : triple automatisme


• Idéo-verbal : écho de la pensée, vol de la pensée, commentaire des actes
• Sensitif : hallucinations cénesthésiques
• Moteur : sentiment que les actes sont imposés de l'extérieur
 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 12 = Illusions


• Illusions visuelles = Déformation d'une perception visuelle réelle (ex. : prendre un manteau sur une chaise pour une silhouette humaine).

• Illusions auditives = Déformation d'un son réel (ex. : entendre des voix dans le bruit du vent ou de l'eau qui coule).

• Illusions tactiles = Mauvaise interprétation d'un contact cutané (ex. : sensation d'insectes qui rampent lors d'un sevrage alcoolique).

• PIÈGE / ZÉRO = L'illusion survient en présence d'un stimulus extérieur réel, contrairement à l'hallucination qui survient en l'absence de tout objet. Les illusions peuvent survenir lors de la fatigue, de l'anxiété, ou d'états confusionnels.

• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie = Rechercher un facteur somatique aigu ou toxique devant toute illusion, en particulier tactile ou visuelle.

 

 

 

 

CHAPITRE 14 : Pseudo-hallucinations


• Définition = Perceptions sans objet situées dans l'espace subjectif interne du patient (dans sa tête). Le patient les perçoit comme créées ou imposées, souvent accompagnées d'un sentiment d'influence ou de passivité psychique, mais elles n'ont pas le caractère de réalité objective des vraies hallucinations (qui sont extériorisées dans l'espace réel).

• PIÈGE / ZÉRO : Ne pas confondre avec l'hallucination vraie ou la simple pensée. Les pseudo-hallucinations (comme le vol de pensée) sont un symptôme clé du syndrome d'influence dans la schizophrénie.

 

 

 

 

 

CHAPITRE 15 : Troubles du vécu corporel

·         Dépersonnalisation : Sensation de modification ou de détachement de son propre corps ou de son esprit ; le patient se sent comme un observateur de lui-même (impression d'être un robot ou un automate).

·          

·         Déréalisation : Sensation que l'environnement extérieur est devenu étrange, irréel, artificiel ou modifié (comme dans un décor de théâtre ou un film).

·          

·         Dysmorphophobie : Préoccupation obsédante et invalidante concernant un défaut corporel imaginaire ou une déformation mineure de l'apparence physique.

·          

·         Troubles du schéma corporel : Perturbation dans la représentation mentale et l'utilisation de son propre corps.

·          

·         PIÈGE / ZÉRO : La dépersonnalisation et la déréalisation peuvent être des symptômes aigus d'anxiété (attaque de panique), de prise de toxiques, ou d'un trouble de stress post-traumatique ; elles ne traduisent pas systématiquement une entrée dans la psychose.

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 16 : Pensée normale

·         Cours de la pensée = Vitesse, fluidité et continuité avec laquelle les idées s'enchaînent et se succèdent.

·          

·         Forme de la pensée = Logique, structure et organisation de l'association des idées permettant un discours cohérent et orienté vers un but.

·          

·         Contenu de la pensée = Thématiques, idées, préoccupations et représentations mentales présentes dans l'esprit du patient.

·          

·         PIÈGE / ZÉRO : Un patient peut avoir un cours de pensée accéléré (tachypsychie) mais garder une forme de pensée parfaitement logique. Il ne faut pas confondre accélération et désorganisation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 CHAPITRE 17 : Troubles du cours de la pensée


• Tachypsychie = Accélération du rythme de la pensée et du débit verbal (idées qui se bousculent, typique de l'état maniaque).

• Bradypsychie = Lenteur de la pensée, difficulté d'évocation des idées et temps de latence prolongé dans les réponses (états dépressifs ou déficitaires).

• Barrage = Interruption brutale, en plein milieu d'une phrase ou d'une idée, du cours de la pensée, le patient restant un moment silencieux avant de reprendre sur un tout autre sujet (ou de ne pas reprendre).

• Fading = Affadissement ou ralentissement progressif du cours de la pensée et de la voix, qui s'éteint jusqu'à l'arrêt complet du discours (le patient "s'étiole").

• Persévération = Répétition involontaire et inappropriée d'une même idée, d'un même mot ou d'une même syllabe en réponse à des questions différentes (atteinte frontale ou schizophrénie).

• Diffluence = Perte du but de la pensée. Le discours passe d'une idée à une autre par des associations superficielles, semblant s'égarer dans des détails superflus avant de pouvoir (parfois) y revenir.

• Fuite des idées = Forme extrême de tachypsychie diffluente où les associations d'idées sont si rapides et superficielles que le discours devient une suite ininterrompue de coq-à-l'âne (caractéristique de l'accès maniaque).

• PIÈGE / ZÉRO : Le barrage et le fading sont des signes très évocateurs du syndrome dissociatif (schizophrénie). Ne pas les confondre avec un simple oubli ou un manque de concentration.


• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : La distinction précise entre les différents troubles du cours de la pensée (barrage vs fading) est essentielle pour l'évaluation de la dissociation psychique.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   CHAPITRE 17 : Troubles du cours de la pensée


• Tachypsychie = Accélération du rythme de la pensée et du débit verbal (idées qui se bousculent, typique de l'état maniaque).

• Bradypsychie = Lenteur de la pensée, difficulté d'évocation des idées et temps de latence prolongé dans les réponses (états dépressifs ou déficitaires) =
Ralentissement du cours de la pensée (dépression, confusion)

• Barrage = Interruption brutale, en plein milieu d'une phrase ou d'une idée, du cours de la pensée, le patient restant un moment silencieux avant de reprendre sur un tout autre sujet (ou de ne pas reprendre) =
Interruption brutale et inexpliquée du discours (schizophrénie)

• Fading = Affadissement ou ralentissement progressif du cours de la pensée et de la voix, qui s'éteint jusqu'à l'arrêt complet du discours (le patient "s'étiole") =
 
• Persévération = Répétition involontaire et inappropriée d'une même idée, d'un même mot ou d'une même syllabe en réponse à des questions différentes (atteinte frontale ou schizophrénie).

• Diffluence = Perte du but de la pensée. Le discours passe d'une idée à une autre par des associations superficielles, semblant s'égarer dans des détails superflus avant de pouvoir (parfois) y revenir =
Perte du fil conducteur, digressions permanentes

• Fuite des idées = Forme extrême de tachypsychie diffluente où les associations d'idées sont si rapides et superficielles que le discours devient une suite ininterrompue de coq-à-l'âne (caractéristique de l'accès maniaque).

 

   
• PIÈGE / ZÉRO = Le barrage et le fading sont des signes très évocateurs du syndrome dissociatif (schizophrénie). Ne pas les confondre avec un simple oubli ou un manque de concentration.


• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : La distinction précise entre les différents troubles du cours de la pensée (barrage vs fading) est essentielle pour l'évaluation de la dissociation psychique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


CHAPITRE 18 : Troubles de la forme de la pensée


• Relâchement associatif = Perte de la logique interne du discours

rs ; les idées s'associent de manière bizarre, sans fil conducteur évident = Perte de la logique entre les idées

• Pensée désorganisée = Discours incohérent, décousu, où la logique formelle est rompue.

• Incohérence = Stade ultime de désorganisation où le langage devient un "salmigondis" de mots ou de phrases sans aucun sens ni lien logique (mots isolés, "salade de mots").

• Tangentialité = Tendance à répondre aux questions de manière oblique, à côté du sujet, sans jamais aborder directement le cœur de la question.

• Circumstantialité = Discours excessivement détaillé, riche en détails superflus et périphériques, qui tourne autour du pot mais qui finit (contrairement à la diffluence) par atteindre le but de la pensée.



 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 19 : Troubles du contenu de la pensée


• Préoccupations = Intérêts ou sujets d'attention habituels et normaux qui occupent l'esprit.
 
• Idées envahissantes = Pensées qui reviennent de façon récurrente, prenant beaucoup de place mentale sans pour autant être vécues comme pathologiques ou absurdes par le patient.

• Ruminations = Pensées répétitives, stériles et négatives, souvent centrées sur le passé ou sur des regrets, consommant beaucoup d'énergie psychique (fréquent dans la dépression).

• Obsessions = Pensées, impulsions ou représentations mentales envahissantes, persistantes, vécues comme intrusives et inappropriées, générant une anxiété importante. Le patient reconnaît qu'elles émanent de son propre esprit (égodystones) et tente de les ignorer ou de les neutraliser.

• PIÈGE / ZÉRO : Contrairement au délire, le patient avec des obsessions a une critique de son trouble (il sait que c'est absurde ou excessif, c'est l'égodystonie) et lutte contre elles. S'il n'y a plus de lutte et que l'idée est intégrée comme une réalité absolue, on bascule vers le délire.

• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : Il est impératif d'évaluer le caractère envahissant et le retentissement fonctionnel des obsessions (recherche d'un TOC invalidant).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 21 : Langage oral


• Débit = Vitesse d'émission des mots et des phrases (quantité de mots prononcés par unité de temps).

• Fluence = Capacité à produire un discours de manière fluide, sans hésitation majeure, ni blocage ou recherche excessive de mots.

• Prosodie = Intonation, mélodie, variations de hauteur et de rythme de la voix (permet d'exprimer les émotions et de donner du relief au discours).

• PIÈGE / ZÉRO = Une prosodie plate ou monotone (discours atone) n'est pas un simple trait de personnalité ; c'est un signe clinique important qui peut témoigner d'un émoussement affectif ou d'un syndrome extrapyramidal (induit par les antipsychotiques).

• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie = L'évaluation de la prosodie et du débit doit se faire de manière comparative entre le discours spontané et la lecture ou la répétition.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 22 : Troubles du langage

-Logorrhée = Flot de paroles excessif, difficile à interrompre = Flux de parole intarissable, rapide, abondant, difficile à interrompre (fréquent dans l'accès maniaque).

-Mutisme Absence totale de langage verbal = Absence totale de production verbale, alors que les organes phonatoires sont intacts et que le patient est conscient.

-Verbigération Répétition incessante de mots/phrases sans but communicatif = Répétition stéréotypée, incohérente et incompréhensible de phrases ou de fragments de phrases sans lien avec la réalité.

-Néologisme Création de mots nouveaux = Création de mots nouveaux ou utilisation de mots existants dans un sens totalement incompréhensible et personnel.


-Paralogisme Détournement du sens habituel d'un mot

-Écholalie = Répétition en écho des paroles d'autrui = Répétition automatique, en écho, des derniers mots ou phrases prononcés par l'interlocuteur.

-Schizophasie Discours incompréhensible, "salade de mots", désorganisation syntaxique majeure = Langage hermétique, désorganisé, truffé de néologismes et de syntaxes altérées, rendant le discours du patient schizophrène totalement inintelligible ("langue des fou

-Discordance Discordance idéo-affective : inadéquation entre le discours/l'affect et le contenu (rire en évoquant un sujet triste) — signe cardinal de la schizophrénie


-Palilalie = Répétition involontaire et compulsive de ses propres mots ou syllabes, souvent en accélérant le débit vers la fin.

 

 

 

 

 

CHAPITRE 25 : Troubles des affects


• Athymhormie : Abolition ou effondrement de l'élan vital et de la thymie (perte totale de motivation, d'envie et d'énergie psychomotrice, classique dans les formes déficitaires de la schizophrénie).

• Anhédonie : Incapacité totale à ressentir du plaisir ou de la satisfaction lors d'activités qui étaient auparavant gratifiantes ou plaisantes.

• Affects émoussés (ou appauvris) : Réduction marquée et visible de l'intensité de l'expression émotionnelle (visage inexpressif, voix monocorde, indifférence).
• Affects inadéquats (ou discordants) : Réaction émotionnelle en contradiction totale avec le contenu du discours ou la situation (ex. : rire en racontant un deuil ou un traumatisme).

• Discordance affective : Rupture profonde de l'harmonie entre les pensées, les émotions et les comportements, caractéristique du syndrome dissociatif.

• PIÈGE / ZÉRO : Les affects émoussés peuvent ressembler à un repli autistique ou à de la paresse. Il ne faut pas les punir ou les banaliser : ce sont des symptômes déficitaires ("symptômes négatifs") de la schizophrénie.

• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : La mise en évidence d'une anhédonie ou d'un émoussement affectif doit faire l'objet d'une évaluation spécifique (échelles validées) pour adapter la prise en charge réhabilitative.

 

 

 

 

CHAPITRE 30 : Ralentissement psychomoteur


• Inhibition : Perte ou diminution de l'élan moteur et psychique. Le patient se plaint d'une fatigue constante, d'une lenteur à initier les mouvements, d'une bradykinésie et d'une pauvreté de la gestuelle (syndrome cardinal de la dépression mélancolique).

• Stupeur : État de blocage moteur total et de suspension de la parole. Le patient reste immobile, muet, parfois figé dans une attitude particulière, sans réaction aux stimuli extérieurs (peut se rencontrer dans la catatonie ou une dépression très sévère).

• PIÈGE / ZÉRO : Un ralentissement psychomoteur sévère (état stuporeux) ne doit pas être confondu avec une simulation ou une opposition. Il constitue un risque vital par refus d'alimentation et d'hydratation, ou un risque suicidaire majeur lors de la levée de l'inhibition.


• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : La surveillance clinique somatique (paramètres vitaux, état d'hydratation) et la réévaluation du risque suicidaire sont obligatoires chez tout patient présentant un ralentissement psychomoteur majeur.



 


 

 

 

 

CHAPITRE 39 : Fonctions exécutives
• Planification : Capacité à anticiper, concevoir et organiser une suite d'actions ou d'étapes pour atteindre un objectif précis.

• Flexibilité mentale : Capacité à passer d'une tâche, d'une règle ou d'une stratégie cognitive à une autre en fonction des changements de l'environnement.

• Inhibition : Capacité à résister à une impulsion, à ignorer des distracteurs ou à stopper une réponse automatique non adaptée.

• PIÈGE / ZÉRO : Les dysfonctions exécutives ne sont pas l'apanage de la neurologie ou de la gériatrie. Elles sont au cœur des symptômes cognitifs et de la perte d'autonomie dans la schizophrénie ou les troubles graves de l'humeur.

• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : L'évaluation des fonctions exécutives est indispensable pour juger de la capacité d'un patient à vivre de manière autonome ou pour orienter vers la remédiation cognitive.
 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 40 : Cognition sociale


• Théorie de l'esprit : Capacité à attribuer des états mentaux (croyances, intents, émotions, connaissances) à soi-même et à autrui, et à comprendre que les autres ont des croyances et désirs différents des siens.


• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : L'évaluation de la cognition sociale est recommandée dans le bilan de handicap psychique pour proposer des programmes de psychoéducation et d'entraînement aux habiletés sociales (EHS).

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 41 : Insight et jugement


• Conscience des troubles (Insight) : Capacité du patient à reconnaître qu'il présente des symptômes ou une maladie mentale, et à comprendre le caractère pathologique de son vécu.

• Critique : Capacité à analyser de manière objective et réaliste l'origine et la signification de ses symptômes (capacité de distanciation par rapport au vécu morbide).

• Capacité de jugement : Aptitude à évaluer correctement une situation, à prendre des décisions adaptées, à anticiper les conséquences de ses actes et à agir avec discernement dans la vie quotidienne.

• PIÈGE / ZÉRO : L'absence totale d'insight (anosognosie) est un symptôme à part entière de la maladie (très fréquent dans la schizophrénie ou les états maniaques), et non une simple mauvaise volonté ou un refus d'admettre la réalité. Elle ne doit pas être utilisée pour justifier un abandon de soins, mais au contraire pour adapter l'approche psychoéducative.

• Recommandations HAS/Société Française de Psychiatrie : L'évaluation de l'insight et de la capacité de jugement est fondamentale pour apprécier l'autonomie décisionnelle du patient, sa dangerosité potentielle et pour déterminer les modalités de soins (soins libres versus soins sous contrainte).